Plouarzel, une commune qui utilise Openstreetmap Interview de Marie Catherine Mouchot, adjointe au maire

, par  Michel Briand , popularité : 3%

La commune de Plouarzel, [1] (3150 habitants) est l’une des premières communes en France à avoir fait le choix d’utiliser une cartographie basée sur "Openstreetmap". Marie Catherine Mouchot, adjointe au Maire en charge de l’urbanisme explique cette démarche et les usages permis par les cartes ouvertes.

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La commune de Plouarzel utilise aujourd’hui "Open street map" pour ses cartes d’où est venu ce choix de cartes ouvertes ?

Le besoin est venu d’une part, de la nécessité de refaire, à moindre coût, une carte devenue obsolète mais aussi d’avoir un outil informatique cartographique libre. L’absence de services techniques spécialisés dans la commune rend particulièrement intéressant les outils collaboratifs car ils permettent de profiter des compétences et de la disponibilité de toutes les personnes intéressées. De plus, la carte libre peut être largement utilisée pour différents supports de communication, tant pour la commune que pour les professionnels ou les particuliers.

Comment avez-vous fait pour établir ces cartes ?

Pour le réseau routier et les bâtiments, nous avons utilisé la base cartographique du cadastre que nous avons corrigée ou complétée lorsque cela était nécessaire.

Pour les autres éléments, tels que le petit patrimoine historique et culturel, nous avons utilisé des relevés par GPS sur le terrain. Ces relevés ont été faits par des volontaires de la communes lors de 2 "carto-parties". Les GPS ont été prêtés par le Pays de Brest et ont permis de relever, en peu de temps, de très nombreux points singuliers : croix, menhir, fours à goëmon, arrêts de bus, ralentisseurs, blockhaus...

Le centre multimédia de Plouarzel a ensuite servi de quartier général pour la saisie des points relevés sur le terrain et leur intégration dans la carte au travers d’un logiciel spécifique (Josm).

La mise à jour des cartes sur le site internet se fait ensuite automatiquement sur la base mondiale dans un délai de quelques minutes à quelques heures.

Comment les utilisez-vous aujourd’hui ?

Tout d’abord, la carte n’est jamais finie ! Même si en l’état actuel, nous la considérons assez complète pour envisager de l’utiliser pour nos supports imprimés (cartes, affichage), nous continuons à y intégrer de nouveaux éléments.

En ce qui concerne les description des éléments de la carte, nous avons commencé à saisir des informations en breton et nous souhaitons également y faire figurer des données en anglais pour les touristes.

La carte est naturellement intégrée à notre site internet pour localiser la commune et elle est devenue l’outil de référence de l’Office municipal de Tourisme.

Est ce qu’il y a des projets qui découlent de cet esprit de cartes ouvertes ?

La carte est le support de la réalité de notre environnement. À ce titre, elle est naturellement un maillon de très nombreux projets.

Nous développons actuellement, en collaboration avec les élèves-ingénieurs de Télécom Bretagne, des modules permettant de réaliser une carte imprimable de bonne qualité et de produire des cartes thématiques.

Ces cartes thématiques permettront de visualiser des événements éphémères (comme des circuits sportifs) et de mettre en valeur des éléments très spécifiques du territoires qui ne peuvent apparaître sur une carte de portée mondiale (comme les fours à goëmons).

Ces programmes viendront compléter la liste des nombreux outils libres déjà associés à OSM. 

Est ce que d’autres communes sont intéressées et quel conseil donneriez-vous à une commune ?

Chaque fois que le projet est présenté, il suscite de l’intérêt. Que ce soit à Paris, dans le cadre des Villes internet, ou lors de réunions au sein de notre communauté de communes, nous rencontrons des personnes intéressées. Il s’agit d’ailleurs autant de simple citoyens que d’élus.

Nous espérons, qu’avant la fin de l’année, l’ensemble de notre communauté de communes sera cartographiée.

Je ne sais pas si je suis bien placée pour donner des conseils mais je crois que le plus simple est de prendre contact avec nous (ou avec d’autre cartographes dans d’autres communes) pour que nous puissions vous montrer le fonctionnement et les possibilités d’OSM. 

L’aide de la communauté est particulièrement appréciable dans ce type de projet : elle permet de progresser rapidement en d’évitant les erreurs et les pertes de temps inutiles.

Les pionniers, comme Steven Le Roux qui nous a assistés lors de nos premiers pas de "cartographes libres", fournissent une aide particulièrement appréciable sur le forum français d’OSM. La mise en commun, au niveau du Pays de Brest, de ressources (comme les GPS) ou de fonctionnalités ( comme l’intégration automatique des bâtiments issus du cadastre) nous permet d’aller plus vite et de progresser ensemble de façon cohérente .

Liens

  • La liste du groupe de travail "cartes ouvertes au pays de Brest" [2] : cartes-ouvertes-pays-brest@listes.infini.fr

L’adresse originale de cet article est https://www.a-brest.net/article6002.html

[1située dans la communauté de communes du Pays d’Iroise eu Pays de Brest

[2inscription possible d’autre acteurs dee cartes ouvertes pour croiser nos projets mas associé à une courte présentation