Coopération, organisation et vie d’un réseau : l’atelier d’Autrans et à suivre

, par  Michel Briand , popularité : 4%

Une trentaine de personnes ont participé à cet atelier des rencontres d’Autrans 2004

animé par Michel Briand, Daniel Mathieu et Jean Michel Cornu.

Un compte rendu détaillé par David Delon est disponible sur le wiki d’autrans

J’en ai repris ici quelques notes d’Isabelle Baconnet et des éléments placés par l’auteur, (David Delon) sur licence creative commons

des rencontres I3C-wsis le 11 octobre

à Paris

- coopération et services publics, thème de l’atelier animé par Godefroy Beauvallet à Autrans

- économie de la coopération et de l’abondance qui sera le thème d’un atelier aux rencontres de printemps de la Fing en mai vers Aix en Provence

- le jardinage des aniamteurs de réseau lors du Forum des usages coopératifs de Brest les 7 et 9 juilletoù comment apprendre à cultiver les compétences d’animation si précieuses à la vie d’un réseau et où copier (c’est à dire réutiliser, mutualiser), être fainéant (c’est à dire favoriser les initiatives des autres) et opportuniste (c’est à dire développer des projets qui répondent à des attentes) deviennent des qualités

Les réseaux de personnes se situent entre l’ordre et le chaos, avec des individus qui entrent et sortent, des lecteurs passifs qui commencent à réagir, des observateurs qui proposent un projet, etc.

Ces réseaux qui regroupent des milliers de personnes n’entrent pas dans le moule d’une grande organisation avec sa hiérarchie ni dans celui d’une association loi 1901 avec son système représentatif.

L’atelier c’est articulé autour de 4 temps de discussion sur

- les phases d’émergence d’un réseau

- l’organisation dont se dote le réseau pour stabiliser son fonctionnement, évoluer et s’adapter

- le rôle des outils d’échange et à leur articulation

- la fonction essentielle des animateurs,

Après une introduction courte de Daniel, Jean Michel et Delphine (Réseau Ecole et nature) :

nous avons cherché à retenir les questions, les blocages plus que les "solutions" et chacun-e a joué le jeu avec beaucoup de prises de paroles témoignant d’une préoccupation commune aux multiples facettes.

Le tour de table a fait apparaître

les compétences suivantes des participants

Informatique, pédagogie, sociologie, botanique, éducation à l’environnement, réseau éducation, travail collaboratif, échange de savoir patrimoine, accès public internet, animateur multimédia, pédagogie de wiki, designer informatique d’interfaces utilisateur, chef de projet multimédia, aménagement, santé, sanitaire etc.

et les structures présentes

Vecam, Tela-botanica, Injep, ecole et nature, cyber-these, école primaire à Québec, Consultant SSII, media-connaissance, association, ville du havre, bibliothèque d’Antony, insertion professionelle, CG haut de seine, administration : club des jeunes webmestres de l’administration etc.

Les phases d’émergence d’un réseau

Un réseau passe par différentes moments où :

- les personnes se rencontrent,

- ellles forment des groupes, imaginent des projets,

- le réseau rayonne dans leur environnement

et le cycle reprend avec de nouvelles personnes....

Pour qu’un réseau vive, il ne faut ni aller trop vite ni aller trop lentement, mais il faut aller suffisamment vite pour que le réseau ne s’enferme pas.

Un réseau est une organisation répartie en différents points, une relation entre les individus et non pas l’individu en lui même.

Le réseau existe si les personnes ont consciences d’en faire partie

Quelques questions et réflexions extraites du compte rendu de David Delon

Public : Réseau qui va trop vite, comment modérer un réseau (pourquoi, de quelle façon etc ..) , modérer est-il censurer ? Question sur la vie d’une communauté : comment ne pas se laisser dépasser ?

Un réseau imposé peut il fonctionner ?

Différence entre un réseau et une communauté ?

Pourquoi un réseau ne démarre pas, ne décolle pas ? Faut il un mode opératoire dès le départ ?

JMC : Il faut tous les ingrédients, il faut se servir d’accélérateur : quelqu’un a amorcé un processus, l’idée est suffisamment avancée. Il ne faut pas aller trop vite, ni trop lentement. L’idée doit permettre d’aller assez vite mais permettre à chacun d’intégrer le réseau.

Public : Dans un réseau dont l’objectif est la production : est-ce adapté ?

JMC : Un réseau de santé : gestion de projet par contrainte : pas droit à l’erreur. Réseau de coopération : droit à l’erreur mais ne peut pas louper la coopération. Le sujet est les réseaux coopératifs exclus donc d’autres réseaux comme l’armée, l’industrie etc.

DM : donne une définition d’un réseau coopératif :

* Organisation répartie en différents points

* Importance dans les inter-relations entre individus

* Conscience de faire partie d’un réseau , si le réseau est imposé on n’a pas l’impression d’être dans un réseau.

Importance des personnes, des motivations et des outils.

Paradoxe : on veut le réseau mais on n’a pas de culture du réseau.

L’organisation dont se dote le réseau

pour stabiliser son fonctionnement, évoluer et s’adapter.

Il faut réduire les contraintes pour gérer les opportunités. Ainsi, au lieu d’être la force du maillon le plus faible, on est la force de l’ensemble des ficelles.

Quelques questions et réflexions extraites du compte rendu de David Delon

DM : exemple de structure à 2 niveaux dans tela-botanica : un mini-réseau qui gère l’ordre et le réseau en lui-même pour les opportunités.

Public : Comment gérer les maillons faibles ?

JMC : Dans un réseau il n’y a pas de maillon, il y a des ficelles et si on en coupe ça marche toujours.

Public :Au bout d’un moment, le facteur limitant d’un réseau c’est le couple technique/charisme. Comment retenir ces personnes, comment en trouver d’autre ?

JMC : C’est la question de savoir comment meurt un réseau et comment se perpétue-t-il, pas de réponse pour l’instant.

Public : Les NTIC ne sont pas la solution à tout !

JMC : tout dépend comment on utilise internet et les NTIC.

Public : Émergence de rencontres dans la vraie vie à partir d’un réseau virtuel ?

JMC : le virtuel est un élément accélérateur du réel, il permet aux gens de se rencontrer.

Public : Possibilité d’identifier et rencontrer d’autres réseaux. Qu’est ce que l’auto-organisation ?

LL : Un atelier sur le sujet est prévu sur l’organisation du W3C, ils sont obligés de se rencontrer physiquement 2 fois par an malgré tout les outils.

Il faut produire, il faut des comptes rendus, il y a des efforts à faire : c’est difficile.

Voir aussi

- le comité de pilotage de Tela-botanica

Le rôle des outils d’échange et à leur articulation

(publication, Wiki, listes, forums, cartographie, arbre de projets...) dans le cadre de cette organisation

Sur un réseau, on est libre d’entrer / sortir. Il faut des outils pour valoriser les gens.

Il n’y a pas de hiérarchie dans un réseau, ce qui n’est pas naturel.

La démocratie participative est peu courante dans notre culture, le réseau mettra en avant ceux qui participent au réseau.

Quand on fait quelque chose, il faut que ce soit immédiatement visible.

Travailler en attention et non pas en intention : quand on repère quelqu’un sur un forum…., on l’extrait et on lui demande s’il ne veut pas lui même animer un thème à condition de lui fournir des outils.

Dans une communauté, plus les gens pourront sortir facilement, plus ils entreront facilement.

Quelques questions et réflexions extraites du compte rendu de David Delon

Les freins et les outils pour pallier ces freins (DM)

Les freins

- L’altruisme n’est pas universel. Il faut pouvoir avoir des outils valorisant les altruistes.

- La hiérarchie n’est pas naturelle : il faut que l’organisation du réseau soit apparente, grâce aux outils.

- La démocratie participative n’est pas courante : il faut des outils pour mettre en avant ceux qui sont acteurs du réseau et ceux qui sont participants.

- La culture ambiante hiérarchique, centralisée, organisée fait que les outils reflètent cette organisation, le réseau doit prendre des risques pour vivre : il faut des outils pour répondre à ça.

Les outils (de Tela botanica)

- Ouverture : wiki et spip.

- Visibilité : par une cartographie, mise en valeur des sujets de discussions ("arbre à palabre") montrant l’ensemble des sujets et l’activité sur les sujets. Rôle d’un animateur : "fonctionnement en attention plutôt qu’en intention". Profiter du hasard : être opportuniste.

LM : Les facteurs de la motivation : intérêt personnel, réussite au bout visible, contrôle de ce qui va se passer ; les outils doivent permettre de mettre en oeuvre ces mécanismes : cahier des charges pour les informaticiens et pour les animateurs.

DM : il faut également travailler de façon à ce que les gens sortent facilement.

JMC : pensait qu’il fallait casser tous les outils groupware, mais a rencontré les wiki. Un "traître" sur un liste de discussion : il nuit a tout le monde, il est facile de pervertir une liste de discussion qui ne favorise pas l’émergence de coopérateurs. Sur un wiki : le bazars est facilement éliminable et ne gêne pas le projet, le réseau. Il faut valoriser les personnes qui coopèrent par accident. Attention aux mécanisme de sélection adverse, exemple appel d’offre très verrouillé pour pas faire passer les escrocs et au final seul les pires passent. Si on favorise le départ ou la sortie des personnes qui sont "traître" ça marche. Il faut réfléchir aux situations où on met en place des mécanismes de sélection adverse/inverse ou de sélection positive.

Public : Le premier pas n’est pas évident ... les wiki sont peut être la solution. Mais point de salut hors wiki ?

JMC : c’est à voir, il cherche des exemple.

L’exemple des réseau P2P : kazaa etc ?

JMC : pas de coopération dans kazaa, sur freenet, qui pousse à la cooperation, c’est à étudier : mais pour kazaa, du moment que tout est automatique, il n’y a pas de conscience du réseau. Télevision en P2P pour échange de films non marchand peut peut-être favoriser un comportement coopératif.

Public : Regarder du côte de la communauté IKM (Knowledge Managment : ikm.com) qui étudie le P2P et son fonctionnement.

Public : Weblogs ou wiki ?

JMC : utilise un wiki pour faire des dossiers de productions pour un tournage, le premier pas est facile à faire. Comment figer un système une fois qu’il est fini ? Exemple wikipedia à figer : en 2002, en 2003, etc, exemple la définition d’un mot en 2003 peut changer en 2010.

LL : des fous archivent le web.

JMC : il faut que certains prennent la responsabilité de "fermer" un wiki pour figer l’information.

LM : des outils comme wikini permette de réduire le premier pas, à l’encontre de spip. Spip est génial mais pose des problèmes pour le premier pas.

La fonction essentielle des animateurs

Personnes rares qui sachent à la fois être "fainéant, copieur et opportuniste", mais "vif, attentif et intelligent" pour ne pas faire le travail que d’autres peuvent faire, pour réutiliser et enrichir le travail déjà fait et profiter de toutes les occasions pour ouvrir de nouveaux possibles.

C’est difficile de former quelqu’un à animer un réseau. Les réseaux se créeront autour de personnes qui ont des aptitudes naturels à fédérer des réseaux. Ce qui intéresse ses personnes, c’est d’impulser une dynamique.

Quelques questions et réflexions extraites du compte rendu de David Delon

DV (Ecole et nature) : il existe un livre : "fonctionner en réseau" : qui reprend tout ces concepts et donne des conseils aux animateurs. 8 euros et un coup de fil au reseau ecole et nature .

LM : c’est très compliqué de former des gens, "c’est inné". Les réseaux s’organisent autour de personne qui, quelque soit le lieu, créent une dynamique autour d’eux (dans le sahara, dans la musique) : il y a des "personnes rares". Si on cherche un animateur de réseau dans un réseau c’est qu’il n’y pas d’animateur de réseau : il faut les piquer ailleurs (dans d’autres réseaux), car ils sont intéressés par la dynamique d’un réseau.

Débat

Public : Capitalisation d’un réseau ?

Public : Durée de vie d’un réseau ?

Public : Construction de la confiance, sens ? quel sont les outils pour parler d’un sujet ? Notion d’élargissement, émergence. Il faut des outils de gestion de contenu.

Public : Est donné un exemple d’un outil : wiki, blog, un forum, lieu de capitalisation, un cms : dans un même endroit (voir tecfa).

DM : Tela travaille à un kit projet en GPL : liste de discussion, espace de dépôt de document avec gestion des droits, un wiki, une fiche de présentation du projet, outil d’inscription : coordinateur, collaborateur, observateur.

MB : temps long de l’appropriation humaine : il faut du temps pour s’approprier les outils.

Public : dans les groupes militants : il faut être sensible aux groupe alliés et adversaires et il faut des outils pour montrer ceci.

Public : le cru, comité réseau des universités propose des outils et ils sont peu connus et peu utilisés.

JMC : sociologie de la trahison et de la coopération : les gens destinés à rester ensemble ne se trahissent pas entre eux, paradoxe projet court et intérêt à être longtemps ensemble. Solution : projets courts et volonté de construire des projets plus tard.

JMC : retour d’expérience par rapport à la remarque de LM sur la stratégie de recherche des animateurs dans les autres réseaux, donne l’exemple de videon. Cas de figure : des gens pensent être animateur et ne le sont pas ou le deviennent quand ils quittent le projet au bout de 2 ans. Comment transmettre le flambeau ? au bout de 2 ans émergent des personnes qui acquièrent petit à petit des capacités parce que l’on a fait confiance : il faut les jardiner petit à petit.

Public : Comment distinguer les acteurs et les passifs dans les réseaux (et comment attirer les actifs ?).

JMC : La même personne peut avoir une attitude différente selon les réseaux. La vrai question : comment mettre en place l’environnement pour que les gens sortent le meilleur d’eux mêmes ?

DM : 1% du réseau de tela fonctionne, le reste est le réservoir : ils sont les futurs contributeurs.

Public : Le premier pas, pour l’animation de réseau ne peut il se faire que dans la douleur ? Le réseau coopératif n’est pas le futur de l’administration, de l’entreprise ?

LL : ne pas confondre inactivité et passivité dans un réseau.

Public : Les deux ans ne sont ils pas le reflet d’une lassitude ?

JMC : ce sont des seuils objectifs de vie d’un projet.

Quelques documents

- L’ouvrage de Jean Michel Cornu sur la coopération

- et son résumé sur tela-botanica

- Visuels de présentation des réseaux d’acteurs et des outils de coopération

avec l’exemple de Tela Botanica

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