à Brest, Smoke Fish, groupe de musique met à disposition ses créations sous licence Creative Commons une petite interview et un lien avec le groupe à découvrir

, par  Michel Briand , popularité : 11%

Voilà un groupe musical qui diffuse son single sous licence CC mais

aussi en format physique chez les disquaires bretons.

Smoke Fish a partagé l’affiche avec Miossec, Tiersen, Da

Silva, Kaolin et Red Cardell et on sera sur la tournée des Transmusicales

au Run Ar Puñs le samedi 29 novembre. On prépare la sortie de notre album

pour la fin du premier semestre 2009.

Tout d’abord pouvez présenter votre groupe ?

Smoke Fishhttp aura bientôt 2 ans. Le groupe est composé de 4 membres, Shay au chant et à la guitare, Jonathan à la guitare et aux machines, Jeansé à la basse et puis moi à la batterie.

On évolue dans un univers pop-rock majoritairement mais on peut s’autoriser quelques incartades vers d’autres univers tel que la musique orientale ou bien vers quelques sonorités électroniques ou psychédéliques. On aime bien citer des groupes comme Tea Party, Pink Floyd, Muse, Queen pour les affinités musicales. Le groupe a quelques concerts derrière lui (autour de 70).

Votre groupe musical a fait le choix d’autoriser le téléchargement et la réutilisation de productions musicales pouvez bous expliquer ce qui vous a motivé pour cela ?

A la base il y a une équation toute simple… Quel outil peut permettre un téléchargement légal gratuit et une certaine diffusion ? A priori pas grand-chose, non ? Ce qui nous intéressait c’était finalement de diffuser notre musique facilement. Quoi de plus normal dans ce cas là de laisser filler sa musique à droite et à gauche.

Les réseaux P2P, les plates-formes de téléchargement comme Jamendo, Dogmazik se charge de la diffusion. Le problème en étant SACEM est que cette liberté n’existe plus. Tant que la propriété intellectuelle est reconnue, c’est tout ce qui compte finalement. On voulait utiliser ce filon là et en parallèle exister sur la scène locale et non pas comme un groupe virtuel et faire les cons devant une webcam. La musique se passe d’abord sur scène ! Mais le développement du libre nous intéressait énormément ! Alors pourquoi pas tenter le coup. Le but pour nous est de protéger nos chansons et qu’on reconnaisse sa propriété intellectuelle.

Et le choix d’une licence creative commons ?

Déjà d’une la gratuité… ce qui n’est pas négligeable. La SPEDIDAM par exemple ca coute aussi pas mal d’argent. Ensuite le but était de se protéger, que la paternité des œuvres soit reconnues et de limiter l’autorisation de nos chansons. On utilise une de nos chansons, Ok ! Mais faut dire qui c’est, ca parait normal. L’utilisation commerciale sans notre accord n’est pas autorisée. La seule alternative a proposé cette protection reste les licences Creative Commons.

Comment voyez vous les débats actuels sur la "riposte graduée" et quel serait pour vous l’orientation qui permettrait un équilibre entre une large diffusion à l’ére du numérique et une rémunération des créateurs ?

Est-ce que inciter les gens à faire des dons ne serait pas une bonne chose ? C’est une piste peut-être (un rêve utopique plutôt)… Mais la rémunération des créateurs posent un problème. Nous en tant qu’artiste, l’argent (quand on en gagne… et à notre niveau bresto-brestois) se fait sur les concerts et sur la vente du support physique de notre cd.

Pour les groupes, c’est là que le gain (enfin façon de parler... c’est pas énorme non plus) se fait ! En live ! Est-ce que finalement le mieux serait de ne pas laisser faire ce que chacun veut ? Par exemple un groupe comme nous décide : « Mes chansons sont téléchargeables gratuitement, allez-y distribuez autour de vous etc … Vous pouvez faire un don si ca vous dit, vous pouvez acheter le cd en vrai chez le disquaire aussi ». Il faut faire comprendre qu’un groupe a besoin de l’aide des gens pour vivre mais il est totalement impossible de dire aux gens : « Arrêter de télécharger » ! Responsabiliser les gens plutôt que de les fliquer, nous ferait un peu de bien. Après ca reste la vision de quelqu’un qui joue dans un groupe local et qui n’a pas forcement le recul approprié. Peut-être que le problème de tout ça est le respect de l’œuvre ? Au final, on aurait plutôt tendance à se dire que l’artiste donne et que le public lui rend un truc en retour. Ce qu’il veut, ce qu’il juge que ca vaut : une clé à molette, une brosse à dent... ce qu’il veut ! Cela dit on ne fonctionnera peut-être pas longtemps comme ça J

Après ce qui est valable pour la musique live ne l’est pas pour le cinéma, la peinture, le théâtre, etc… C’est pour ça que c’est très compliqué cette affaire. Satané système capitaliste J

Est ce que vous pensez qu’un regroupement local des initiatives de celles et ceux qui souhaitent élargir les biens numériques réutilisables ou développent du logciell libre peut être utile ?

Bien sur ! Linux c’est bien développé comme ça non ? On voit le résultat. La diffusion par la partage, ca me semble une bonne valeur sure qui a de l’avenir.

- le site du groupe : http://www.smokefish.fr/

Brèves Toutes les brèves

  • Veilles

    Les veilles publiques ouvertes à vos apports et réutilisations :
    Au fil de l’actualité compte (...)

  • Co-écritures

    Co-animation des magazines a-brest, Bretagne Créative Eco-sol-brest Brest-ouvert (...)

  • Activités

    Acteur de réseaux coopératifs Bretagne Creative, réseau de l’innovation sociale et des transitions (...)

  • à Brest

    L’action municipale ouvre un espace de possibles pour une implication progressive des personnes (...)

  • Activité passées

    Parmi les activités des dernières années Co-fondateur de Créatif, collectif des réseaux d’accès (...)