Aménagement d’espaces pour mieux vivre et étudier : interview de Gilles Cornillet principal de la Fontaine Margot

, par  Michel Briand , popularité : 5%

Bretagne Educative c’est aussi aller à la rencontre d’acteurs qui s’impliquent et prennent des initiatives pour le bien être éducatif, ici l’interview de Gilles Cornillet principal du collège de La fontaine Margot à Brest.

une interview réalisée par Michel Briand, par ailleurs ancien parent d’élève de ce collège :-)

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Bonjour, est ce que vous pourriez vous présenter ?

Gilles Cornillet, je suis le principal du collège La Fontaine Margot à Brest, un collège numérique depuis 2014 qui essaie chaque année d’innover sur le numérique, le climat scolaire, le bien-être des élèves avec des équipements modernes.

Dans la petite visite, on a pu voir différents espaces qui ont été aménagés dans un esprit de tiers lieux : est-ce que tu peux nous expliquer la logique de ces aménagements ?

La logique, c’est de préparer les élèves à leur futures études, de les rendre autonomes et donc de leur donner les moyens de travailler, bien sur en cours avec du mobilier mobile qui permette aux enseignants d’adapter leur cours selon les disciplines et les modalités pédagogiques choisies. Mais aussi en dehors des cours pour avoir des espaces agréables pour travailler mais aussi avoir des espaces ludiques pour pouvoir vivre le collège dans de bonnes conditions.

Les aménagements ouverts dans l’esprit des tiers lieux recouvrent tous les espaces, qu’il s’agisse des espaces couloirs, des halls ou des espaces de cours. Le collège n’est pas un espace vide, un espace de circulation mais un lieu où l’on vit concrètement sa scolarité.

Tout à l’heure, on a vu le CDI qui dispose de différents équipements pour travailler tout seul, travailler en groupe : est ce que cela fonctionne ?

Oui cela fonctionne parce que les élèves ont différents espaces à leur disposition, des espaces pour travailler avec de grandes tables inspirées d’une visite à un starbuck café pour que les élèves puissent étaler leur travail et travailler en groupe ; des positions hautes parce que certains élèvent aiment bien être ainsi, en position haute, et puis des chauffeuses des poufs, pour pouvoir lire tranquillement avec naturellement le wi-fi pour qu’on ait le minimum d’ordinateurs filaires (2 dans le CDI) mais plutôt des tablettes qui permettent de s’asseoir où l’on veut comme on veut.
Cela permet aux élèves de travailler de manière autonome dans de bonnes conditions et contribue à les préparer à la suite de leurs études au lycée ou dans le supérieur.

Et le fait que le CDI devienne tout autant un espace de co-travail qu’un espace de documentation est ce que cela change le métier de la documentaliste ?

Elle est comme moi, je me définis en « mode service » comme principal je suis là pour dépanner, pour rendre service. Elle est aussi dans ce mode là, pour aider dans la recherche documentaire, c’est son rôle, documentaire c’est son rôle, mais aussi pour dépanner sur les tablettes, faire de l’éducation aux médias et aux réseaux sociaux Le CDI est plus ouvert, plus un espace de travail, son métier évolue mais Mme Régine TREMOREUX le fait avec cœur et s’y retrouve très bien, avec cette évolution du métier.

J’ai vu aussi le réaménagement de la salle de permanence pour permettre du travail individuel, en groupe ou de se reposer..

C’est la même philosophie, les salles en « autobus » ont un peu vieillies. On tous cela en tête les salles bien rangées comme des salles d’examen dans le sens de la longueur. On a déjà voulu inverser le sens et avoir une salle plutôt en amphithéâtre et créer des espaces : des grandes tables pour travailler en groupe, des positions hautes, des tables circulaires pour bien travailler à 3 ou 4, des positions classiques, des poufs pour pouvoir lire lorsque l’on a fini son travail. On incite à la lecture, nous avons acheté plein de romans depuis deux ans pour que les familles n’aient pas à en acheter et les élèves ont tous un roman dans la poche. Je préfère avoir un élève sur un pouf à lire au calme plutôt qu’un élève qui est en train de bouillonner sur sa chaise parce qu’il a fini son travail et qu’il tourne en rond.

Il y a aussi des espaces qui facilitent le bien vivre : billard babyfoot ..

Le collège est un lieu de vie où ils passent plus de temps (hors sommeil) que dans leur famille. C’est un lieu d’éducation et un lieu de vie où ils doivent se sentir bien. Certes ils travaillent, on leur demande beaucoup mais ils ont aussi des lieux pour se détendre, échanger, se sociabiliser entre eux, apprendre à vivre en communauté.. Tout cela fait partie de l’éducation, d’où le billard pour les 3éme avec une télé et des endroits pour se poser. Dans la cour il y a plein de jeux, deux terrains de basket, un terrain de hand, deux tables de ping pong, des bancs pour discuter.. C’est un lieu de vie, où ils peuvent se dire je vais passer une journée au collège, certes une journée de travail mais aussi une journée agréable où je vais pouvoir rencontrer mes copains et passer de bons moments.

A côté de ce mieux vivre, de ce mieux étudier, le collège est aussi un collège numérique ..

C’est une démarche qui date de 2014, et qui est passée par différents stades. Une première arrivée de 24 tablettes en 2014 puis le passage de l’établissement entièrement en wi-fi et on est passé rapidement à 100 tablettes (pour environ 300 élèves). Ce n’est pas qu’une question matérielle, et l’on s’est posée rapidement la question des contenus et des usages. On utilise un outil collaboratif comme Pearltrees qui permet l’accès partagé des élèves aux contenus de cours, textes, videos, sons.. Un élève qui part au bout de 4 ans a tous ces cours (ou au moins une grande partie parce que tout n’est pas encore en ressource numérique) de la 6ème à la 3ème sous forme de cartable numérique. Il est habitué à aller chercher de l’information, à la mettre en forme, à échanger avec ses camarades. L’usage de ces outils le prépare à ce qu’on lui demandera plus tard au lycée et encore plus dans le supérieur, mais aussi dans sa vie.

On fait aussi de la robotique et de la programmation avec des outils comme Scratch ou Python et un soutien d’étudiants de l’ENSTA.

Au fil des années est-ce que ces aménagements et l’usage de ces outils numériques ont contribué à changer l’ambiance au collège ?

Cela a été compliqué à La Fontaine Margot du fait de problème de réputation qui ne reposait sur rien puisque le collège a toujours eu de bons résultats qui continuent de s’améliorer avec cette année 100% de reçus au Diplôme National du Brevet, série générale ce qui est un exploit pour collège en éducation prioritaire avec des moyennes de 12 à l’écrit en français, en math, en histoire et en sciences !

Mais on est un collège en zone d’éducation prioritaire avec 20 % d’élèves qui viennent d’un quartier d’habitat populaire parfois stigmatisé. Il a fallu travailler avec les parents expliquer que c’était calme ici, que les élèves travaillaient dans de bonnes conditions et que l’on avait de bon résultats.

On a des règles qui peuvent paraître un peu strictes pour les élèves mais ils s’y retrouvent bien.

Et sur ces changements y-a-t-il une adhésion des enseignants et des parents ?

Dans un sondage réalisé, il y a un an auprès de tous les personnels, des parents de 4éme et 3éme qui avaient un peu de recul, et des élèves de 4é et 3éme (soit environ 3 à 400 personnes) sur 19 questions portant sur le bien être, le numérique, les équipements, le taux de satisfaction moyen est autour de 90%.

Et quelque chose qui me fait plaisir à la question « est ce que l’on prend bien en compte les élèves de Segpa et les élèves en difficulté et qu’on les intègre bien au collège ? » la réponse est massivement oui ! On travaille avec l’ensemble des élèves, ceux qui ont du talent on leur donne à manger pour qu’ils aillent plus loin, et ceux qui ont des difficultés, on s’en occupe bien.

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