Riposte Créative Pédagogique pour agir en coopération ouverte face à la crise du COVID

, par  Michel Briand , popularité : 13%

Le dispositif Riposte Créative Pédagogique a été créé pour répondre à un besoin d’agir en coopération ouverte entre acteurs de l’enseignement supérieur face à la crise du COVID. La création du groupe “Hybridation des formations en coopération ouverte” marque une étape importante de transformation de ce dispositif et démontre l’amplification de la coopération ouverte rendue possible par le numérique. Le mode de fonctionnement agile a rendu possible un travail collectif important pour mieux partager des éléments de réponse aux enjeux identifiés.

Un articlepar par Eric Tanguy, Jean-Marie Gilliot, Michel Briand, Yann Le Faou publié initialement sur Innovation Pédagogique

1. Introduction
Lors du premier confinement, en mars 2020, des espaces ouverts de coopération ont été créés “pour apprendre ensemble de la crise, favoriser les solidarités, mutualiser les initiatives et préparer l’après” dans une logique de communs. Le premier espace Riposte Créative Territoriale a été initié par le CNFPT et a rapidement donné lieu à des initiatives similaires, dont le tiers lieu Riposte Créative Pédagogique qui a recensé et partagé initiatives et ressources ouvertes dans l’enseignement supérieur durant le confinement. Des collectes de récits et des idées pour l’”après la crise” recueillis à partir d’un questionnaire issu des travaux de Bruno Latour (Latour, 2020) ont complété ce dispositif. À l’instar du magazine contributif Innovation Pédagogique, il s’inscrit dans une dynamique de valorisation et de partage des savoirs, de manière transverse aux institutions et aux collectifs professionnels.
L’expérience du premier confinement et la perspective de la crise à long terme ont fait émergé plusieurs constats : (i) la nécessité d’aller au-delà du simple recensement des initiatives, (ii) le besoin d’initier un travail collectif pour mieux aborder les questions d’hybridation en partageant les réflexions (iii) l’intérêt de diffuser les bonnes pratiques autour du partage des ressources ouvertes, (iv) le besoin d’engager un développement professionnel collaboratif. En partant du principe que l’entraide est la modalité la plus efficace pour agir en situation de crise, un groupe ouvert à tous les acteurs de l’enseignement supérieur a été créé en juin 2020 (Gilliot, 2020). Rapidement, il a dépassé la centaine de membres issus de l’ensemble de la francophonie, en regroupant tous les profils de l’enseignement supérieur (enseignants de toutes disciplines, formateurs, chercheurs, ingénieurs et conseillers pédagogiques, documentalistes, informaticiens, cadres ...). La création du groupe “Hybridation des formations en coopération ouverte” marque la transformation du dispositif Riposte Créative Pédagogique et démontre l’amplification de la coopération ouverte rendue possible par le numérique.
Dans la suite de cette contribution, nous explicitons le besoin d’une riposte à la crise dans l’enseignement supérieur pour introduire la coopération ouverte comme mode efficient pour répondre à ce besoin. Nous présentons en quoi le numérique facilite ce mode et en quoi le travail en archipel permet de renforcer cette dynamique de coopération. Nous nous intéressons ensuite au groupe "Hybridation des formations en coopération ouverte” en tant que dispositif exemplaire.

2. Agir en temps de crise : la coopération ouverte
2.1. Après le premier déconfinement : la nécessité d’une riposte
La crise sanitaire et le premier confinement ont soudainement bouleversé les conditions d’enseignement, confrontant les établissements à la nécessité d’organiser dans l’urgence des dispositifs de formation hybride à distance. Un bouleversement des pratiques qui a mis les institutions en état de choc, concentrées sur les évolutions à marche forcée vers l’hybridation. Même si beaucoup d’établissements avaient engagé un développement de plateformes numériques avec des formes d’hybridation, peu avaient engagé une hybridation de masse (souvent réservé à un certain public, avec des enseignants technophiles ou sur un temps défini : maladie, empêchement…). En l’espace de quelques jours, il a fallu développer la massification de la formation à distance pour tous les étudiants et tous les enseignants. Après un premier temps de "débordement", de nombreux personnels, enseignants ou non, ont souhaité se rassembler pour partager des ressources et mutualiser des dispositifs. Cette collaboration reflète déjà un premier niveau de (ré)action rapide en temps de crise.
Le besoin est apparu d’avoir un lieu d’échanges inter-établissement et même plus largement en dehors des visions “établissement”. Riposte Creative Pédagogique y a participé à côté de la multiplication des articles autour de l’hybridation et de la riposte pédagogique (le magazine Innovation pédagogique a relayé plus de 200 articles sur le sujet en un an dans le seul noyau des sites aux contenus réutilisables). La diversité des acteurs de la Riposte en fait un commun riche, qui permet de dépasser la rivalité et le cloisonnement entre établissements. C’est un début de communauté de pratique, (Wenger, 1998) ouverte qui offre un environnement sans pression professionnelle (pas d’enjeux entre les acteurs, pas de stratégie concurrentielle d’établissement) qui favorise l’échange de pratiques entre métiers complémentaires et la réutilisation de ressources.

2.2. Un mode d’action efficient : la coopération ouverte
La coopération ouverte (Sanojca et Briand, 2018 ; Briand, 2019) outillée par le numérique permet de réagir rapidement là où des structures en fonctionnement plus vertical restent concentrées sur leur fonctionnement interne avec une acceptabilité qui découle de la situation de crise vécue. L’expérience de Riposte Creative Territoriale initiée avec la direction innovation du CNFPT a montré l’intérêt d’un partage ouvert pour les collectivités confrontées à une situation de crise. Des pratiques innovantes comme l’écriture ouverte à tous (sur un wiki sans modération à priori), dans une transparence du fonctionnement du collectif (toutes les réunions font l’objet d’une prise de notes collaborative sur un pad retranscrit ensuite en page du wiki) et en partage des contenus (interviews, base de données d’initiatives et de ressources) par une licence Creative Commons ont été adoptées par cette communauté de l’innovation territoriale. Ce changement de posture qui aurait demandé des années dans une situation ordinaire a été adopté en quelques semaines dans cette situation de crise. Et dans le cas du CNFPT il a fait émerger une pratique de formation en cercles apprenants innovante par rapport aux modes de fonctionnement ordinaires très structurés et descendants de cet organisme qui forme un million d’agents des collectivités chaque année.
Riposte Créative Pédagogique a permis quant à lui d’expérimenter une coopération ouverte en agrégeant des initiatives individuelles, en favorisant des échanges. Créé par quelques personnes bénévoles en marge du temps de travail professionnel, Riposte Créative Pédagogique a un impact et une portée modeste. Toutefois le succès de la quinzaine de webinaires organisés sans autre moyen que le site et la diffusion sur les réseaux sociaux rend compte de l’émergence de pratiques rendues possibles par la coopération ouverte en attention aux propositions des uns et des autres. Cette ouverture du champ des possibles se retrouve un an plus tard dans l’émergence de cercles apprenants et de nouveaux champs de coopération comme les Ressources Éducatives Libres ou la prise en compte de la Transition écologique dans l’enseignement supérieur francophone.

2.3. Le numérique comme facilitateur de la coopération
La démarche des Riposte Créative est construite autour d’un outil libre (yeswiki) facile à mettre en œuvre et à utiliser. Les différents projets en ”Riposte” ont tous démarré par une séquence interactive, où en l’espace de deux heures le site est mis en place, les premières bases de données sont installées. Modifier en direct la barre du menu, ajouter une rubrique, éditer la page d’accueil d’un simple double clic sont de petites expériences irréversibles de coopération qui marquent le groupe. L’outil est ainsi au service du groupe qui peut l’adapter, produire immédiatement des contenus, les cartographier sans être dépendant d’un plan de financement ou d’un temps de développement logiciel. Riposte créative pédagogique s’inscrit ainsi dans la notion d’outil convivial d’Ivan Illich (1973), un outil qui augmente l’efficience du groupe sans impacter l’autonomie individuelle, sans générer ni maître ni esclave et augmente le pouvoir d’agir.
Les Riposte nécessitent néanmoins une animation, comme tout projet coopératif. Elles reposent sur une animation qui est ici duale. A côté de la fonction d’animateur, qui va caler les règles, définir les objectifs, aider le groupe à avancer, à être productif, à grandir en maturité s’ajoute une animation techno-pédagogique autour de l’appropriation de l’outil (Merlet et al., 2021)

2.4. Le travail en archipel pour relier les initiatives
Le fonctionnement en archipel est une autre originalité des projets Riposte Creative. Dans l’esprit de l’idée développée par Édouard Glissant, poète et philosophe proche d’Aimé Césaire, et popularisée en France par l’Archipel “Osons les jours heureux" (Les Jours Heureux, 2017). Les Ripostes Créatives favorisent une interconnexion des initiatives (les identités relations qui relient les identités racines des îlots). Ainsi les différents sites Ripostes sont mentionnés dans le bas de page d’accueil de chacun. Facilité par l’usage d’une base logicielle commune (yeswiki), la structure de la base de données de l’un peut être aspirée par l’autre et rendue opérationnelle en quelques minutes.
Cette idée d’archipel des Ripostes a été développée dans Riposte Creative Territoriale par Patrick Viveret, elle est aussi reprise dans des dynamiques comme celle du collectif des “Chatons” (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) initié par Framasoft, le réseau des formations à la coopération Animacoop, le réseau émergeant des lowtech ou l’espace collaboratif à la mode des Ripostes Créative “Agora des archipels”. Les références citées sont relatées dans des articles descriptifs (Marseault & Briand 2021, Framasoft, 2019), état des lieux actuels de cette réflexion émergente.
Dans cette logique de relations entre îlots de l’archipel des Riposte, le webinaire inaugural de Riposte Créative Pédagogique a accueilli Animacoop pour s’imprégner des valeurs de la coopération ouverte et l’idée de cercle apprenant développée au CNFPT en 2021 est reprise au sein du groupe hybridation en coopération ouverte.

3. Une initiative au sein de l’enseignement supérieur
Après avoir décrit les dimensions principales de l’archipel des ripostes déployé en réponse à la crise, nous nous intéressons plus spécifiquement à l’initiative mise en place pour l’enseignement supérieur, à savoir Riposte Créative Pédagogique, et plus spécifiquement à sa deuxième phase, qui correspond au développement d’un groupe plus large que le noyau initial autour de l’hybridation des formations en coopération ouverte.

3.1. Une organisation informelle co-construite
Le groupe dit “hybridation des formations en coopération ouverte” a donc été initié après le premier confinement, à un moment où nombre de professionnels de l’enseignement supérieur étaient en recherche d’espace de partage et d’échanges ouverts, où dans le même temps l’anticipation pour gérer le prolongement de la crise sanitaire semblait absente des discours officiels. La naissance du groupe, suite à une proposition ouverte (Gilliot, 2020), s’est opérée au travers de deux réunions en ligne réunissant une vingtaine de personnes chacune, qui ont permis de poser les bases du groupe et de s’accorder sur les enjeux de celui-ci.
Le cadre de création proposé est celui de la coopération ouverte, autour des questions de l’hybridation des formations, central pour permettre la résilience de l’enseignement supérieur, et des ressources ouvertes comme moyen d’efficience. L’organisation se veut agile, et vise à permettre de travailler collectivement autour de ces questions. Cette agilité est rendue possible par un a priori de confiance (l’écriture est ouverte à tous) et un fonctionnement par consentement (une initiative est valide dès lors que quelqu’un la porte et que personne n’a d’objection de fond). Une telle organisation s’avère difficile à mettre en place dans le cadre d’un appel à projet ou dans un cadre institutionnel classique, où les attendus sont plus formalisés, et la participation de chacun prédéfinie, et cadrée par son métier.
Le groupe se veut ainsi un lieu d’échanges, de réflexion, mais aussi de montée en compétence collective sur les sujets de l’hybridation en formation, en intégrant les questions de collaboration et de partage de ressources. Il s’apparente ainsi à un environnement capacitant (Fernagu-Oudet, 2018), qui, couplé avec les capabilités mises en place par l’environnement numérique, va permettre aux participants de se saisir des opportunités offertes pour devenir acteurs et ainsi leur permettre de développer leur pouvoir d’agir (Vallerie, B. & Le Bossé, Y. 2006). La mise en place d’actions se fait sur une base d’engagement libre et se focalise sur des premiers webinaires, qui visent à accueillir une expertise, mais surtout à susciter le débat. Une réunion hebdomadaire, à laquelle chacun peut se joindre, permet la prise de contact et de faire avancer l’organisation des actions. Elle permet aussi une libération de la parole et l’échange d’informations, phase qui s’avère importante en temps de crise. Une liste de diffusion permet d’informer les adhérents. Le site innovation pédagogique, permet de diffuser les annonces au-delà du groupe. Le cadre informel facilite également l’articulation avec d’autres initiatives ouvertes, sur des sujets d’intérêt communs. Le choix de partager des webinaires ouverts est ainsi possible, renforçant de facto l’impact de chaque initiative. Au total, le groupe initial s’est enrichi pour accueillir 187 personnes inscrites sur la liste de diffusion.

3.2. Les webinaires témoins d’une demande implicite
De manière à répondre au mieux à la demande d’échanges et de partages de la communauté, des webinaires thématiques ont été rapidement co-organisés. Lors des réunions hebdomadaires des sujets sont proposés. Ils sont affichés sur le wiki du groupe hybridation en coopération ouverte et relayés sur la liste de diffusion avec le ou les nom(s) des personnes à contacter pour participer à la mise en place du webinaire. Une fois le déroulé défini, un formulaire d’inscription est mis en place afin de pouvoir suivre le nombre d’inscrits. Le lien de connexion ainsi que lien vers un outil de prise de notes collaboratives sont envoyés aux participants. Par la suite, les notes et l’enregistrement des webinaires sont déposés sur le wiki.
Cette organisation très agile a permis d’organiser de manière coopérative 18 webinaires entre octobre 2020 et juin 2021. Ces webinaires regroupent généralement entre 50 et 100 participants. Les premiers webinaires visaient à accueillir une expertise, mais surtout à susciter le débat autour de thématiques pédagogiques d’actualité (par exemple : “Motivation et engagement des étudiants : enjeux en contexte de formation hybride” animé par Denis Bédard). Par la suite, les webinaires se sont aussi orientés vers le partage de pratiques et les retours d’expérience (TP hybrides et à distance, jeux sérieux, le tutorat, …).
Ces webinaires et les échanges ont permis un développement professionnel des acteurs de la communauté ainsi qu’une diffusion de bonnes pratiques.

3.3 Ouverture des possibles
Le contexte mis en place, avec son degré informel et l’utilisation d’outils conviviaux permet également de tester facilement des idées. Certaines ne trouvent pas le succès escompté, et peuvent rapidement être abandonnées. Par exemple, un questionnaire a été mis en place au moment des re-confinements, mais n’a été rempli que par moins d’une centaine de participants malgré une diffusion large. D’autres peuvent par contre se prolonger au-delà du périmètre initial. Le webinaire sur les jeux documentaires a ainsi été prolongé par un second webinaire portant sur le test en réel d’un jeu et sur son mode de construction. Le questionnement sur la mise en place de TP hybrides a fait l’objet d’un webinaire, repris par d’autres, mais aussi d’une collecte de ressources. Le webinaire sur “Enseignant, conseiller pédagogique, collaboration ou coopération ?” a donné lieu à la création d’un cercle apprenant.
D’une simple base de ressources d’initiatives et de retours d’expériences, puis d’une collection de webinaires, le projet Riposte évolue maintenant vers un apprentissage entre pairs autour de cercles apprenants.

3.4. Une expérimentation ouverte : les cercles apprenants
Afin de prolonger les échanges provoqués par les webinaires, l’idée de cercle apprenant a été proposée afin de favoriser une plus grande coopération entre pairs. Ces temps de co-formation s’inscrivent dans la lignée des cercles d’apprentissage (Alix, 2021) mis en place par Riposte Créative territoriale (CNFPT). Le premier cercle apprenant mis en place dans le cadre du groupe hybridation en coopération ouverte concerne la thématique de la coopération/collaboration entre enseignant et conseiller pédagogique. En effet, lors du webinaire consacré à ce sujet les thèmes de l’accompagnement des équipes et de l’autonomie des acteurs par rapport à leur institution n’avaient pas été abordés. Il a donc été proposé de les discuter de manière plus coopérative dans un cercle apprenant. Pour chaque rencontre un animateur ou une animatrice se propose avec un déroulé s’appuyant sur une prise de notes collaborative sur un pad.

3.5. Impact au-delà du groupe
Le fonctionnement du groupe décrit dans cette contribution a donné à voir de nouvelles pratiques ouvertes, qui ont été reprises dans d’autres contextes. L’annonce des différents webinaires a été relayée par certaines institutions. Certains établissements (citons l’IFPEK, IMT Atlantique, ENTPE) ont ainsi pris l’habitude d’ouvrir les enregistrements de leurs webinaires, voire dans certains cas la possibilité de participer au-delà de leur établissement.
Dans cette démarche d’ouverture, les activités de la communauté du groupe hybridation ont pu aider des établissements, comme l’IFPEK, dans leur stratégie d’accompagnement du développement professionnel des enseignants/formateurs. Les ressources et initiatives produites ont pu servir d’exemple ou d’illustration à une transformation pédagogique pendant cette période de crise sanitaire. Une transformation pédagogique embryonnaire et souhaitée par la communauté des enseignants/formateurs de l’établissement, mais que le manque d’exemple ou de temps avaient pu freiner. La crise doublée d’un accès facilité aux ressources et aux activités des ripostes ont permis aux formateurs de s’autoriser à lancer cette transformation (“ils l’ont fait, on peut le faire”), tout en restant dans une philosophie de réutilisation et d’ouverture, pour alimenter à leurs tours par leurs initiatives la communauté.

4. Conclusion : un environnement capacitant en évolution
Ainsi que nous l’avons décrit, ce dispositif de coopération ouverte, au-delà d’un périmètre (pré)défini d’établissements, basé sur une organisation agile et des outils conviviaux a rencontré un accueil favorable auprès d’une communauté de près de 200 personnes. Un noyau assez large s’est saisi de ce dispositif en tant qu’environnement capacitant bienveillant, la variété des propositions permettant à différentes personnes de s’impliquer et de trouver leur place. Construit hors hiérarchie, cet espace permet de donner des capacités d’actions qui ont pu être réinvesties dans les institutions. Cette absence de cadrage a également permis de faire émerger des actions selon les intérêts de chacun, qui ont pu être validées, ou non, de manière agile. Cette communauté de pratique a ainsi permis d’aborder de nombreux sujets de manière originale et interprofessionnelle.
Notons que les participants français ont été étonnés de découvrir qu’il existait au Québec des initiatives encourageant la coopération ouverte (les rencontres avec le GRIIP (2020) et la fabrique des REL (2020) ont été riches d’échanges sur le sujet). Il serait intéressant de voir si de telles initiatives pourraient être soutenues de manière encore plus large, au-delà de quelques établissements.
Le fait de pouvoir s’inscrire dans un mouvement plus large au travers des Ripostes et de la logique d’archipels a clairement facilité la création d’un tel groupe. La situation de crise a été un facteur important. La maturité collective a semble-t-il augmenté. Ainsi, la tentative de créer une communauté de contributeurs autour du site Innovation Pédagogique depuis 2014 n’avait pas rencontré un grand succès. Aujourd’hui, avec une approche plus variée, une communauté ouverte se fédère effectivement autour d’un projet plus ciblé, avec des participants prêts à s’investir.
De nouvelles idées d’actions, de sujets continuent à être proposées. À l’heure d’écrire ces lignes, nous notons par exemple que l’annonce d’un groupe similaire sur la transition écologique qui intéresse tous les acteurs fait la proposition d’un espace de coopération ouverte sur ce sujet.

Jean-Marie Gilliot
IMT Atlantique – Lab-STICC (UMR CNRS 6285), Brest, France, jm.gilliot@imt-atlantique.fr
Yann Le Faou
IFPEK – CREAD EA3875 – Université de Rennes, Rennes, France, y.lefaou@ifpek.org
Éric Tanguy
Université de Nantes, Faculté des Sciences et des Techniques, Nantes, France, eric.tanguy@univ-nantes.fr
Michel Briand
IMT Atlantique, Brest, France, Michel.Briand@imt-atlantique.fr

4. Remerciements
Les auteurs de cet article remercient l’ensemble des participants au groupe et aux webinaires.

Références bibliographiques
Alix B. (2021, 10 février) Les cercles d’apprentissage, d’étude ou de pratique Riposte Créative Territoriale https://ripostecreativeterritoriale.xyz/?CercleApprentissage

Briand, M. (2019, 4 juillet) La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées de la conférence QPES 2019.
Innovation pédagogique https://www.innovation-pedagogique.fr/article5331.html

Fabrique, R. E. L. (2020). Ressources éducatives libres (REL).

Fernagu-Oudet, S. (2018). Apprenance et environnement capacitant. Penser la formation aujourd’hui : un nouveau paradigme, 25.

Framasoft (2019, 10 décembre) Archipélisation : comment Framasoft conçoit les relations qu’elle tisse. https://framablog.org/2019/12/10/archipelisation-comment-framasoft-concoit-les-relations-quelle-tisse/

Gilliot, J.M. (2020, 10 juin) Présence hybride ou la rentrée sous le signe de l’hybridation – préparons là ensemble ! repris sur Innovation Pédagogique https://www.innovation-pedagogique.fr/article7288.html

GRIIP (2020) Groupe d’intervention et d’innovation pédagogique https://pedagogie.uquebec.ca/

Illich, I. (1973). Tools for conviviality.

Latour, B. (2020). Imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d’avant-crise (Vol. 30, No. 03, p. 2020). AOC. http://www.bruno-latour.fr/sites/default/files/downloads/P-202-AOC-03-20.pdf

Les Jours Heureux (2017). Archipel « Osons les jours heureux » https://les-jours-heureux.fr/archipel-osons-les-jours-heureux/

Marseault L., & Briand M. (2021, 12 mars) Partage sincère, "tragédie du LSD", fonctionnement en archipel : dialogue autour de la coopération ouverte avec Laurent Marseault. Coopérations, http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article11428

Merlet, F., Marseault L., & Briand M. (2021, 4 avril) Le rôle du techno-pédagogue dans un « Riposte créative », espace en coopération ouverte. Coopérations, http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article1143

Sanojca E., & Briand M. (2018, 15 mai) La coopération ouverte, un concept en émergence. Innovation pédagogique https://www.innovation-pedagogique.fr/article3428.html

Vallerie, B., & Le Bossé, Y. (2006). Le développement du pouvoir d’agir (empowerment) des personnes et des collectivités : de son expérimentation à son enseignement. Les Sciences de l’éducation-Pour l’Ère nouvelle, 39(3), 87-100.

Wenger, E. (1998). Communities of Practice : Learning, Meaning, and Identity. Cambridge : Cambrige University Press .